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ATELIERS D’ÉCRITURE en Ardèche par Frédérique Deghelt

Pendant longtemps, j'ai cru qu'écrire ne s'apprenait pas.

Aussi refusais-je de faire des ateliers d'écriture chaque fois qu’on me le proposait.

J'étais comme la plupart des écrivains qui s'offusquent qu'on puisse enseigner cet acte si personnel.

 

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Atelier d'écriture en ArdècheAtelier d'écriture en ArdècheAtelier d'écriture en Ardèche

 

Pourtant aucun peintre, aucun sculpteur ni aucun musicien ne s'indigne que son art soit enseigné. Un jour, une personne de ma famille me fit remarquer que je venais de sauver une situation grâce à une lettre. Et cela provoqua chez moi un questionnement: alors que j'avais enseigné le journalisme, transmis des techniques de réalisation, pourquoi ne voulais-je pas faire de même avec l'écriture? Après tout, l'écriture, ça ne sert pas seulement à devenir romancier. Et quand bien même, quand on débute et qu’on a cette ambition, et cela à tout âge, il nous manque parfois des clés que d’autres peuvent nous donner.
L’écriture, parce qu'elle utilise le langage, est la base même de notre communication avec d'autres êtres. Écrire, avais-je l'habitude de dire, c'est remonter le courant de la peur pour aller à la recherche de la partie de soi qu'on ne connaît pas. «J’écris, disait mon éditeur-écrivain, le regretté Hubert Nyssen, pour savoir ce que je ne savais pas que j’allais écrire.» Et à ce sens-là tout écrit est vital pour une personne.

Si je situe l'origine de ce désir de transmettre, c'est pour dire à quel point il a été mûri. Il a conditionné les ateliers que je propose aujourd'hui et leurs structures. Atelier est un bon mot car il s’agit bien d’artisanat et de techniques qui prendront leur essor dans un mélange de savoir faire, d’abandon et d’intuition personnelle.
À l'époque où je travaillais comme journaliste avec des scientifiques, j'ai beaucoup appris sur le cerveau, sur son fonctionnement, sur son rapport au langage. Des chercheurs neurologues Israéliens ont eu la curiosité de repérer quelles zones du cerveau s'activent quand nous lisons un roman. Mis à part la zone du langage, ce qui est logique, c'est la zone de la mémoire qui est la plus active. Ce qui tendrait à prouver que durant notre lecture d'une histoire fictionnelle, notre esprit ne cesse de faire des allers retours entre ce que nous lisons et ce que nous avons vécu. Par ailleurs, des études menées aux États-Unis par Antonio Damasio, ont mis en lumière que toutes nos prises de décision ont une origine émotionnelle. Quand on voit à quel point certains livres sont importants dans notre vie, il est évident que savoir écrire, c'est toucher l'autre. Et cela ne sert pas seulement à écrire des romans, des nouvelles ou des films… Un de mes éditeurs avait coutume de dire: «Quand l’inspecteur des impôts lit une lettre que tu lui envoies, il doit se dire: là j’ai affaire à un auteur!»

Les ateliers que je propose commencent par une récupération de sa possibilité d'écrire. Comment se laisser écrire? Comment permettre à ce qui vient de s'exprimer? Comment oublier le vécu scolaire de l'écriture, nos empêchements, nos peurs, nos complexes? Il nous faut choisir notre forme, nous libérer.

Entrer dans le plaisir d’écrire, s’amuser, être à la fois dans la contrainte de différents exercices et récupérer sa voix propre.
La première partie de cette master class permettra d’entrer dans cette récupération de son écriture intérieure, tout en explorant des textes d’autres écrivains de l’intérieur.

Après le premier jet, il faut savoir se relire. La deuxième étape sera donc de découvrir comment appréhender son propre texte? Comment se relire assez sévèrement afin de faire de son texte celui d'un étranger? Se relire, c'est presque découvrir ce qu'on a voulu dire. Après s'être abandonné, il faut comprendre comment une technique incisive peut permettre d'aller véritablement vers les questions dangereuses que doit toujours exprimer un texte. Comment écrire entre les lignes? Et concrètement comment traquer la banalité du premier jet.

 

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Atelier d'écriture en ArdècheDans cet atelier, je propose donc quelques exercices qui permettent d'entrer à l'intérieur du personnage afin de comprendre ce qui ne peut pas fonctionner quand on écrit sa vie et ce qui au contraire lui donne une ampleur de vérité.

Une autre étape concerne le rapport entre voyage, réalité et fiction. On y aborde le regard de l’enquêteur et celui du romancier. Comment se confondent-ils? Pour qui écrit-on? Comment passer du journal de voyage au roman? Rien n’est plus formateur que de mettre ses pas dans ceux des écrivains qui nous ont précédés.

Le travail se fait sur la base de textes produits, lus à haute voix, laissés de côté entre les séances des différents jours. Chacun peut y récupérer une exploration personnelle, sa connaissance d’un certain être au monde puis travailler sur l’efficacité de son texte. Les exercices, échanges, lectures des uns et des autres permettent à chacun d’avancer dans sa propre histoire pour être ensuite capable de la continuer seul.

Vous aurez également l’occasion, si vous le désirez, de travailler sur un texte personnel en cours et sur lequel vous bloquez pour des raisons qui vous semblent inconnues.

Cet atelier d’écriture a donc vocation de transmettre la récupération d’une certaine liberté d'expression personnelle. Il permet de visiter les différentes formes d’écriture qui correspondent à l’harmonieux mélange de soi et d’un savoir faire pour toucher l’autre à travers l’écrit. Je propose un voyage dans les mots et un savoir faire dans le désir de partager des histoires avec les autres.

Je ne résiste pas au plaisir de vous citer Hubert Haddad et son analyse pertinente de la chose:

"Cette deuxième étape est celle qui fait le partage entre aspiration et volonté, dilettantisme et acharnement. On l’a dit de mille façons on ne devient véritablement écrivain qu’en apprenant à se relire. Car on en finit jamais d’amender un texte, de le perfectionner en biffant ses fausses perfections et ses impudentes lourdeurs, de l’étriller, de le refroidir en le laissant vieillir seul avant d’y retoucher à bon escient, de le régénérer à des sources d’informations nouvelles… Mais la correction immanente procédant de l’instinct critique a le défaut d’endiguer le mouvement spontané et de bloquer souvent toute expression. Il faut apprendre à lâcher du lest sans crispation, à déjouer l’espère de censure exponentielle qui voudrait prendre le pas sur la libre inspiration: tout dans l’acte d’écrire et balancement funambulesque entre ces deux pôles."

Atelier d'écriture en Ardèche Par ailleurs, quand on aborde le roman en doit s'interroger sur l'histoire, sur les personnages, sur la vraisemblance de ce qui se lit. La trame romanesque, l'incarnation des personnages, la véracité et le suspense de leur parcours peut se travailler indépendamment de ce qui est venu spontanément.
Il faut donc apprendre à se relire très finement, à opérer des coupes, à rentrer ensuite dans le détail infime d'un texte. Travail de bûcheron dans un premier temps, travail de dentellière et d'orfèvre dans un second, l'élaboration d'un roman obéit à un décorticage précis.

En dernier lieu, on peut entrer dans la musicalité du texte, dans sa fluidité. C'est là qu'intervient le texte lu. Un écrit dont la parole s'envole et qui paraît facile a été souvent beaucoup travaillé.

Quinze années de théâtre ont totalement changé ma façon d'écrire. Entrer dans un personnage en tant que comédien permet de comprendre son fonctionnement, ses vérités, ses manques. Incarner un personnage dans une histoire, c'est véritablement lui donner de sa chair. Au théâtre on a coutume de dire que les mots sont des valises, ce qui est presque choquant pour un auteur car cela tendrait à dire que les mots ne sont que les bagages vides d’une interprétation. Mais intégrer cette donnée, c’est faire le choix d’une valise adéquate avec plus de pertinence.

Enfin cet exposé ne serait pas complet si je n’y ajoutais ce plaisir immense et particulier d’écrire dans la nature dans un lieu inspirant et quasi magique, au bord d’une rivière et loin de toute fureur du monde. C’est là, dans cet écrin à l’abri des autres qu’on peut mieux les y dénicher et peindre leurs désirs et travers, leurs folies et leurs rires en leur traçant de grandes destinées.

 

La semaine de master class a lieu dans un lieu magique et préservé au bord d'une rivière.
Au fil de soi près d’Issamoulenc

 

Atelier d'écriture en ArdècheAtelier d'écriture en ArdècheCet atelier est destiné à toute personne adulte qui a le désir de le suivre,
quel que soit son âge. Il s’articule en 7 jours.
Le stage se déroule du 18 au 25 mai 2019 (jour du départ)
L'atelier se termine le samedi à 17h avec départ possible le dimanche moyennant petit rajout pour repas du soir+ hébergement.
Le samedi 18 est le jour d’arrivée, de mise en condition, d’échange,
de rencontre et de premier jeu littéraire.
A partir du dimanche chaque jour comprend 6 heures de stage.
3 heures le matin et 3 heures l’après-midi.
Le nombre de participants est de 10 personnes.
Le montant est de 1535 euros en chambre individuelle
Ou 1370 euros dans le cas où vous êtes deux par chambre.

Le prix comprend l’hébergement en chambre une personne ou deux personnes, la pension complète avec repas bio et végétariens ou viande si vous le désirez. (A préciser)
30% du prix du stage sont à verser à la réservation.

Possibilité de venir jusqu’à la gare routière de Privas où nous viendrons vous chercher. TGV jusqu’à Valence puis bus jusqu’à Privas.

 

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